Il semblerait que Google ait décidé de prendre un nouveau tournant dans la compétition en abandonnant le logiciel de finance d’Oracle pour se tourner vers SAP.

Cette nouvelle est un coup de massue pour les dirigeants d’Oracle qui perdent non seulement l’un de leurs plus grands partenaires, mais aussi le procès qui les opposait au géant Google.

Si vous n’avez jamais entendu parler d’Oracle, c’est un système de gestion de base de données relationnelle qui offrait ses services au départ à plusieurs grandes sociétés. SAP quant à lui est un éditeur de progiciel de gestion intégrée qui fournit également des bases de données de gestion permettant de faciliter le processus d’accès et de partager différentes informations au sein d’une organisation. Les deux compagnies ont une bonne renommée dans leur domaine d’activité et sont concurrentes sur le même marché. Mais après une affaire historique sur les droits d’auteur portée devant les tribunaux, les relations d’affaires entre Google et Oracle ont été détériorées.

Google se tourne vers SAP

La compétition sur le marché de Cloud devient de plus en plus forte d’année en année. Les entreprises sont tellement concentrées sur le développement de leur propre solution logiciel qu’elles oublient la possibilité de s’associer entre elles. C’est pour cela que le marché se remplit de plus en plus de divers logiciels et solutions pas toujours aboutis. Comme exemple, il est facile de prendre le cas Amazon. Ils ont lentement, mais sûrement fait une transition du logiciel Oracle pour se concentrer sur un service Cloud qui leur est propre. Il semblerait alors que Google soit en train de suivre cette même voie en marchant dans les pas d’Amazon. Il arrête son utilisation du logiciel de finance d’Oracle en se tournant vers une nouvelle structure, SAP (Systems, Applications and Products).

Durant le Google Cloud Next, Google a donc fait une annonce publique de partenariat. Après avoir mis un terme à certains de ses accords avec Oracle, Google s’est tourné cette fois-ci vers SAP pour lui livrer le SAP HANA, sa dernière base de données en mémoire. Cette dernière sera incluse dans la plateforme Google Cloud.

Cette nouvelle a beaucoup fait parler et est loin d’être passée inaperçue. Cet engouement a eu lieu pour plusieurs diverses raisons. La première de ces raisons est le fait que cette action donne à Google un client de taille qui profitera à la promotion de son Cloud, ce qui est l’un des objectifs visés par cette manœuvre. En second lieu, cette nouvelle a fait beaucoup de bruit, car, par cet acte, Google se fait un partenaire de choix établi dans le monde des entreprises de logiciel. Cela pourra peut-être lui permettre d’attirer d’autres entreprises et d’essayer d’étendre sa plateforme Google Cloud.

SAP est le leader mondial en termes de logiciel ERP. Il aide les différentes entreprises à gérer des services liés aux nouvelles technologies, aux finances, et même aux ressources humaines. Au départ, il s’agissait principalement de logiciels disponibles sur site. Toutefois, au fil des années, SAP a commencé à éditer et à livrer des logiciels également accessibles sur le Cloud pour les clients qui ne voulaient pas avoir à gérer la complexité d’utiliser ce genre de logiciel.

Il est important de garder à l’esprit que SAP est tellement étendu qu’il possède même sa propre base de données Cloud. Mais cette base de données donne aux clients différentes options. En plus, le fait que cette compagnie ait choisi le Google Cloud est une nouvelle qui doit avoir été accueillie avec beaucoup de joie au sein de Google. Ce dernier était pour le moment très loin derrière d’autres entreprises telles qu’AWS ou encore Azure sur le marché de l’infrastructure en tant que service. En 2014, il est justement arrivé à SAP de devoir travailler à la fois avec Microsoft et AWS.

Un tournant intéressant de cet accord est que celui-ci permet à SAP de rester le gardien des données présentes à l’intérieur du Cloud. Cela signifie que SAP garde la responsabilité des différentes données malgré le fait que ces dernières soient utilisées dans le Google Cloud. Cela est une énorme barrière en moins pour plusieurs clients qui auraient pu être réticents à l’idée de changer de Cloud à cause du manque de connaissance en matière de gouvernance de Google dans ce domaine-là.

Mais il faut tout de même mettre en avant le fait que Google ne soit pas le seul à bénéficier des conditions de cet accord. Tel que l’a expliqué Ray Wang, le fondateur et analyste principal de Constellation Research, il est important pour SAP de distribuer sa base de données HANA sur le plus grand nombre de plateformes auxquelles il a accès. Et parmi ces plateformes, on peut noter IBM, AWS, Oracle, Microsoft et bien sûr Google. Il a même ajouté qu’en faisant partie du projet Google Cloud, SAP profitera de plus de connaissances sur ses prochains investissements. Il ne s’agit, là encore qu’un premier pas pour la compagnie.

L’affaire Google contre Oracle

Il y a 10 ans de cela, Oracle a lancé des accusations à l’encontre de Google. Cette compagnie accuse le groupe d’avoir enfreint les règles concernant les droits d’auteur en copiant la structure séquentielle et organisationnelle de 37 API (Application Programming Interface) Java pour Android. À ces accusations, Google s’était défendu en affirmant que les API sont comme des lettres constituant l’alphabet d’une langue, ce sont des éléments de base de création d’un programme. L’affaire a donc été portée devant la Cour Suprême des États-Unis qui a statué des faits qui étaient pourtant déjà parfaitement connus des programmeurs : les API ne peuvent pas être strictement protégées par des droits d’auteur.

De façon ironique, durant les années 90, que ce soit Oracle et Sun, tous les deux propriétaires originels de Java, affirmaient explicitement que les API ne devraient pas être couvertes par les droits d’auteur. Mais c’était avant. Aujourd’hui, durant la dernière décennie pour être plus précis, Oracle a désespérément tenté de couvrir l’échec de l’achat de Sun en essayant de prendre 9 milliards de dollars à Google pour avoir utilisé les API Java pour Android.

Après une longue bataille judiciaire entre Oracle et Google, une décision de la Cour Suprême des États-Unis en octobre 2020 a permis à Google d’utiliser légalement les API Java. Dans cette décision 6-2 de la Cour Suprême américaine, cette dernière spécifie que Google peut se servir de ce dont il a besoin pour l’utilisation et la mise en place du matériel.

Dans cette affaire, Oracle se plaignait de la copie illégale d’environ 11 500 lignes du code Java. Pour eux, Google a violé les droits d’auteur en utilisant non seulement la structure, mais aussi la séquence et l’organisation de leurs API. Mais maintenant, Google est libre d’utiliser ces API Java pour Android de manière tout à fait légale. Et encore plus important pour toute l’industrie de développement de logiciel, il deviendra maintenant assez difficile de réclamer des droits d’auteur en matière d’API en général.

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